La légende de Sahomsimû -III-

Sahomsimû

Pour la troisième partie de cette légende, on pourrait se demander, à juste titre, comment j’ai rencontré Sahomsimû. Les faits se sont déroulés dans l’ordre inverse de ce que l’on pourrait s’imaginer de prime abord ; en effet, je l’ai rencontré après avoir commencé à parler de lui. J’avais déjà cette étrange impression que Sahomsimû faisait partie de moi, pourtant je savais pertinemment qu’il appartenait à un autre temps.

Finalement, être maître du temps consiste peut-être simplement à comprendre que ses lignes s’entrecroisent dans un chaos savamment orchestré pour créer une parfaite illusion.


Étant logiquement lié à Sahomsimû, j’ai pu percevoir un moment clef de sa vie : ses instants de vie d’une grande détresse lorsqu’il s’est retrouvé à fuir la fin d’une guerre déjà perdue. Seul rescapé contre tous et désarmé, courant pied nus sous une pluie battante dans une boue profonde. Je n’ai pas reconnu immédiatement sa présence. Quand j’ai vu cet homme au hakama noir avec une large ceinture verte, j’ai simplement pensé répondre à un appel de famille d’âme. Face à son péril dans l’instant, l’instinct dragon s’est spontanément réveillé. L’homme se faufilant entre des barricades de bambou était en proie à une multitude de projectiles et manifestement, sans intervention, sa fin allait se compter en secondes. Il était très clairement impossible de survivre sous forme humaine au milieu de cette scène, c’est pour cela que le choix du dragon s’est imposé de lui-même. En m’empressant d’apparaître à ses côtés, sachant que cela était sa première véritable rencontre avec un dragon, j’ai eu peur qu’il ne choisisse de se laisser mourir dans ce bourbier plutôt que d’obéir à mon invitation télépathique à monter sur mon cou de dragon. Je n’avais d’autre choix que de prendre ce risque malgré qu’au fond de moi, je saisissais toute l’importance de ne pas le laisser mourir maintenant. Il lui restait encore tant de choses importantes à accomplir.

Balayant mes propres craintes, l’homme me fit découvrir qu’à son plein potentiel, il ne connaissait pas la peur. Après une courte seconde de surprise, il grimpa sur mon cou avec des gestes autant rapides que précis. Automatiquement, les assaillants déterminés changèrent de cible et plusieurs volées de flèches étaient adroitement adressées au dragon. Cependant,  par je ne sais quelle magie, sinon celle de la volonté du dragon, aucunes de ces flèches ne pouvaient l’atteindre. Toutes sans exception se volatilisaient à l’approche de la peau du dragon. Hors de question de traîner pour autant, cet effet avait ses limites temporelles. L’homme et son dragon s’envolèrent dans le ciel sombre et pluvieux. Une fois assez éloignés de la zone dangereuse, nous nous posâmes dans une clairière entourée d’une gigantesque forêt sauvage comme il n’en existe presque plus. La pluie féroce laissa place au soleil. Quittant la conscience du dragon, je suis retourné à mon état humain.  Généralement, quand je reviens à moi-même je n’insiste pas, ce qui était à faire est fait. Or, cette fois-ci, une envie irrépressible de savoir qui était cet homme me poussa à tenter d’y retourner. Dans l’intention de projeter ma conscience dans cette clairière, je me suis retrouvé à quelques pas de l’homme faisant face au dragon qui venait de le sauver. C’est à cet instant que je reconnus la vibration de Sahomsimû ! Ayant saisi ce qu’il y avait à comprendre, je revins naturellement à ma place dans l’instant présent.

Le récit de cette rencontre avec Sahomsimû décrit par la même occasion sa première rencontre avec son dragon ; et c’est bien là que réside toute l’importance de ces quelques lignes.


Puisqu’il portait ce vêtement aux plis des sept vertus, un petit quelque chose me dit que Sahomsimû faisait partie de ceux qui avaient le nœud de leur ceinture bien serré. Méthode utilisée pour ressentir parfaitement son Hara, là d’où doivent s’amorcer ses moindres gestes.

La couleur de sa tenue n’est pas sans me rappeler la présence d’un groupe de cavaliers noirs : c’est lors de la deuxième ouverture du portail stellaire pour les âmes prises au piège de l’être maléfique  qu’un groupe conséquent de cavaliers est apparu. Encapuchés et vêtus d’un noir assorti à leurs majestueux destriers, leur prestance laissait nettement transparaître qu’ils n’ont pas pour habitude d’être là pour rigoler. Bien qu’ils refusèrent et refuseront toujours de s’identifier, ils ne manquèrent pas de signaler qu’ils se portaient volontaires pour aller libérer et accompagner les âmes encore enfermées ayant reçu l’appel du grand portail mais ne pouvant parvenir à le rejoindre d’elles-mêmes. Ces principes de protection et d’accompagnement sur le chemin me firent penser à un collectif ayant précédé certains groupes à la croix rouge ayant perverti leur rôle primaire. Mais ils ont été catégoriques, jamais leur véritable identité ne sera dévoilée…

Il est si difficile de démêler la véritable Histoire de l’Homme en se basant sur ce que l’on nous a inculqué. Face à nos propres doutes, cette difficulté est largement accrue par le vaste néant creusé par l’omission. Cependant, il y a fort à parier que Sahomsimû a lui aussi jadis chevauché un de ces indomptables destriers noirs.



Lire les autres écrits de La légende de Sahomsimû :

La légende de Sahomsimû -I-
La légende de Sahomsimû -II-
La légende de Sahomsimû -III- (vous êtes ici)



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