Enfouir ou construire.

Dans-l-oeil-du-dragon

Nous sommes un peu tous dans la même barque et quand on porte encore des blessures se vautrant librement en notre sein est-ce vraiment de leur faute à ces blessures ? Ne sommes-nous pas en permanence en train de les enfouir encore et en corps dès qu’elles pointent le bout de leur nez pour sortir ?

Il n’est jamais trop tard pour se dire « Tiens et si aujourd’hui j’arrêtai d’enfouir à jamais ? ».

Fort de nos yeux grands ouverts (ou les deux) ce que l’on perçoit peut enfin atteindre le passage du perd soi. Il ne s’agit pas de s’égarer bien au contraire, il s’agit là d’accepter de voir pleinement ce qui nous écrase au sol. Ce sol qui comme la cinquième note, apporte la légèreté si on lui accorde ce pouvoir de nous décharger, c’est une clef majeure si je peux me permettre. Nous la vivons certes mais nous ne sommes pas l’expérience. On comprendra qu’elle ne nous appartient pas.
Je vous l’accorde, regarder cette boue qui nous tiens fermement par les chevilles n’est pas des plus agréables en soi et la donner* pour guérir encore moins car malgré tout on l’aime, on s’y attache. Qu’est-ce donc que la boue si ce n’est de la matière asphyxiée par un surplus d’eau, de la matière merveilleuse étouffée par ses émotions. Il me semble pourtant juste de prétendre qu’en équilibrant les éléments que contient une flaque de boue alors elle s’ouvre à nouveau à la vie : avec persévérance l’herbe va pousser, hésitant encore un peu parfois mais en portant patiemment un regard nouveau et confiant sur ce monde. Puis forte de ses évolutions elle grandit, offrant un terrain riche et charmant pour ce qui l’entoure, en surface comme à l’intérieur. Elle va également bientôt accueillir des arbrisseaux qui seront comme une invitation aux grands arbres majestueux qui viendront poursuivre l’équilibre. Évidement les oiseaux ne manqueront certainement pas à l’appel, venant offrir au monde leurs subtiles mélodies enivrantes aux milles lieux d’un ciel bleu azur.

On marche toujours, seulement dans nos sac à dos on vide bien souvent de belles choses pour faire encore plus de place à la peur, la honte et encore la culpabilité. Tous ces poids appuient encore plus fort sur nos dos courbés, les chevilles s’enfoncent au lieu de décoller. Est-ce vraiment pour cela que nous marchons ? Pour n’emmener que ça à l’arrivée ? En espérant l’atteindre déjà car avec tous ces sacs c’est pas gagné. Ça ne me convient pas, ça ne me convient plus, quitte à accepter de ne pas être cette expérience tellement attachante, quitte à accepter de vivre pour évoluer sans cesse et non plus tenter de survivre en restant attaché à ce qui me maintient sournoisement dans ma survie.

Il est donc possible de voir en un instant comment ce qui nous colle au sol est devenu la boue du tunnel, celle qui justement emmène au bout, offrant finalement un terrain fertile et favorable à la naissance d’un univers.

Je n’invente rien, j’offre simplement une version adaptée à ma compréhension, mes maux et mon langage de ce que l’on nous dit déjà avec toute bienveillance.

Il y a des jours où les oreilles entendent et puis d’autres où elles écoutent.

– BleuSalamandre –

* La donner à nos voisins pour qu’ils en aient un peu plus et qu’ils avancent moins vite que nous ça on le fait très bien par contre.

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